lundi 13 janvier 1997

Les méandres du vote frontiste

Sur fond d'immigration, de chômage et de crise des valeurs, l'évolution complexe de l'électorat FN. Les nouveaux électeurs du Front national viennent en grande partie des rangs des déçus de la gauche populaire, estime Pascal Perrineau, le directeur du Cevipof, le Centre d'études de la vie politique française.

Pourquoi le Front national ? Pour quelles raisons un nombre croissant d'électeurs de toutes origines apportent-ils leurs voix à ce mouvement ? Cette question inlassablement posée va inévitablement rejaillir dans les prochains mois alors que les élections partielles récentes ont confirmé l'implantation du mouvement lepéniste, voire sa capacité de grignotage, et que la perspective des législatives de 1998 lui laisse espérer un rôle d'arbitre.

Depuis une douzaine d'années, hommes politiques, gouvernants de droite ou de gauche, politologues, universitaires, analysent sondages et enquêtes, et confrontent leurs points de vue. Jusqu'à la polémique. Certains considèrent que, si les électeurs du FN sont évidemment sensibles à l'immigration, elle n'est pas leur première préoccupation, qui reste le chômage.

C'est donc d'abord la crise qui favorise, disent-ils, le vote Front national. D'où la montée de son audience dans l'électorat ouvrier, un électorat déçu par le PS et le PC, qui conserve sa sensibilité de gauche et finit par constituer un « gaucho-lepénisme ». Ce point de vue est celui de Pascal Perrineau, directeur du Cevipof (voir ci-contre), et de Nonna Mayer, directeur de recherches au CNRS, tous deux responsables de la publication d'un ouvrage de référence sur le Front national.

Evolution impalpable

Cette thèse vient d'être contredite en tous points par la publication, en novembre dernier, d'une note de la Fondation Saint-Simon, rédigée par Pierre Martin, chercheur à l'Institut d'études politiques de Grenoble (lire ci-dessous). Selon lui, bien au contraire, c'est l'immigration qui en est la principale motivation. Des électeurs qui, lorsqu'ils viennent de la gauche, sont désormais acquis aux idées de droite.

Evidemment, la publication de cette note de la Fondation Saint-Simon a donné lieu à de vives réactions des disciples de l'école Perrineau. Car, derrière la querelle de chercheurs, se profile le débat politique.

Si le point de vue de Perrineau est le bon, la gauche a une part de responsabilité importante dans les progrès du vote FN. Elle ne saurait espérer retrouver les électeurs gagnés au lepénisme en transigeant sur ses idées ou sur son programme puisque ces électeurs demeurent attachés aux thèmes de gauche.

Mais aussi, l'immigration n'étant pas le principal moteur du vote Le Pen, ni la droite RPR-UDF ni, a fortiori, la gauche ne devraient hésiter à se démarquer fortement du FN sur ce sujet. C'est en trouvant enfin les moyens économiques de résorber le chômage et de réduire la « fracture sociale » que majorité et gauche peuvent espérer regagner le terrain perdu.

Mais, si l'immigration apparaît bien comme le principal vecteur du vote FN (c'est la thèse de Pierre Martin), « la gauche n'est pas incitée à combattre avec trop d'ardeur les thèmes fondamentaux du FN », car elle attend de cet électorat des reports de voix croissants au second tour des élections.

Et, à l'intérieur de la majorité RPR-UDF, se trouvent renforcés ceux qui demandent que la maîtrise des flux migratoires, la bonne assimilation des étrangers, la lutte contre les clandestins, fassent l'objet d'une politique rigoureuse.

La voie étroite

Il est probable que les deux points de vue sont fondés, et que l'immigration et le chômage se mêlent inextricablement pour nourrir le vote FN. L'exemple de la circonscription de Saint-Dizier (Haute-Marne) illustre la complexité du phénomène (voir ci-contre).

Mais le mouvement qui porte vers le Front national une part croissante d'électeurs populaires n'exprime-t-il pas quelque chose de plus profond que les difficultés matérielles ou les promiscuités avec l'immigration dont souffre une partie de la population ? N'est-il pas lié aussi à une évolution plus impalpable, où se mêlent la crise des valeurs morales, l'érosion du sentiment national, la difficulté des gouvernants de droite comme de gauche à tracer de « grands desseins » et à susciter des aspirations collectives ?

Comme le faisait apparaître, en mars 1996, un sondage de la Sofres, la défense des valeurs traditionnelles constitue, avec la sécurité et l'immigration, l'un des trois thèmes sur lesquels un tiers de la population environ approuve le FN.

Il y a une certaine manière de réduire les aspirations de l'électorat frontiste aux réactions les plus médiocres (racisme, égoïsme franco-français) ou à la simple « désespérance » dont l'inefficacité est avérée. Entre la nécessité, dont elles ont conscience, de ne pas « diaboliser » le FN et leur souci d'appeler les électeurs à s'en détourner et à s'en méfier, entre leur désir de revivifier leur affrontement idéologique pour le replacer au coeur du débat politique et leur besoin mutuel et partagé de contrer la montée du FN, la voie est étroite pour la majorité et pour la gauche.

Encadré(s) :

« Le lepénisme est une force impuissante »

Depuis 1984, le Front national n'a pas connu de « progression électorale décisive », affirme le spécialiste Pierre Martin dans une étude qui contredit les travaux généralement admis.

Une note du politologue Pierre Martin, publiée à la fin de l'année dernière par la Fondation Saint-Simon, contredit sur un certain nombre de points les autres politologues qui font autorité en la matière, notamment Pascal Perrineau, directeur du Cevipof (voir ci-contre).

Selon M. Martin, l'immigration demeure la principale motivation électorale des électeurs du FN, juste avant l'insécurité. « L'immigration est l'obsession des électeurs du Front national », écrit-il. Le politologue fait en particulier état, à l'appui de sa thèse, d'un sondage postélectoral de la Sofres effectué en 1995, après le premier tour de l'élection présidentielle.

A la question : « Parmi les thèmes suivants, quels sont ceux qui ont eu le plus d'importance pour vous au premier tour de l'élection présidentielle ? », les électeurs du FN citaient d'abord le chômage (73 %) et, en second lieu, l'immigration (65 %). Mais, alors que, sur le chômage, les électeurs du FN se montraient plutôt moins préoccupés que la moyenne (81 % de l'ensemble des électeurs l'avaient cité), au contraire, sur l'immigration, les électeurs de Jean-Marie Le Pen manifestaient une préoccupation très spécifique, puisque, dans l'ensemble de l'électorat, la proportion de ceux qui avaient cité ce thème n'était que de 25 %.

La seconde motivation caractéristique de l'électorat FN est l'insécurité, citée par 57 % de ses électeurs, alors que la proportion (toutes tendances confondues) est de 31 %.

Pierre Martin se réfère aussi à la forte ressemblance que l'on peut observer entre la carte de la proportion d'étrangers maghrébins et turcs par départements en 1982, et celle du vote Front national aux européennes de 1984 et à l'élection présidentielle de 1995.

La « droitisation du vote ouvrier »

La note de la Fondation Saint-Simon affirme, d'autre part contrairement à Pascal Perrineau , que la progression du vote Front national parmi les ouvriers où il est désormais en tête de toutes les formations politiques s'explique non pas par le glissement au profit du FN d'un vote de gauche, mais par la « droitisation du vote ouvrier ». « L'irruption de l'immigration comme question politique importante après 1981 provoque à la fois une redistribution électorale géographique entre la gauche et la droite, et l'apparition d'une radicalisation électorale (le FN) au sein de la droite, écrit Pierre Martin. Il y a à la fois transferts de la gauche vers la droite UDF-RPR et transferts de l'UDF-RPR et de la gauche vers le FN. » Pour le politologue chercheur au CNRS, l'ensemble de la droite a connu une importante progression au sein des ouvriers, et le FN en a été « fortement bénéficiaire ».

Niant donc la « gauchisation » de l'électorat FN, M. Martin s'appuie encore sur le sondage postélectoral de 1995, d'où il ressort que les électeurs de Jean-Marie Le Pen étaient moins motivés que la moyenne de l'électorat par des thèmes classés à gauche, comme le maintien des acquis sociaux (25 %, au lieu de 37 %) et la lutte contre l'exclusion (14 %, au lieu de 31 %).

L'hypothèse d'un « gaucho-lepénisme » n'est confirmée, selon lui, « ni par l'évolution électorale, ni par les motivations, ni par l'analyse des reports de voix au second tour ».

« Pourquoi le FN en 1980, et pas plus tôt ? » s'est demandé Pierre Martin. C'est, selon lui, l'opposition RPR-UDF qui a « banalisé le discours anti-immigrés » avant les municipales de 1983. « Les socialistes n'ont plus été présentés comme les alliés des communistes, mais comme les alliés des immigrés », écrit-il. Ce faisant, la droite « respectable » a « ouvert la voie » pour le FN.

Incapacités chroniques

Enfin, la note de ce politologue se signale par son appréciation des résultats et des perspectives électorales du FN. Selon lui, « depuis sa percée de 1984, le Front national n'a pas connu de nouvelle progression électorale décisive, mais plutôt, suivant les types d'élections, une stagnation aux européennes, un grignotage à la présidentielle, ou une légère progression, grâce à une implantation graduelle, aux législatives, cantonales et municipales ». Il s'y ajoute une « incapacité chronique à rassembler des majorités électorales au second tour », incapacité qu'il explique par le « rejet croissant dont le FN est l'objet dans l'opinion » : la proportion de sondés pour qui le FN est un « danger pour la démocratie » est passée de 38 %, en 1983, à 66 %, en 1988, et à 71 %, en 1996. Le FN, conclut la note, est une « force impuissante qui ne peut guère espérer sortir de son isolement ».

Olivier POGNON



Les silences inquiets d'Humbécourt

En Haute-Marne, près de Colombey-les-Deux-Églises, Jean-Marie Le Pen fait recette électorale. Même si les voisins de palier ne sont pas toujours des immigrés.

C'est chouette, chez Sylvie. Au bar, la serveuse n'a pas le sourire engageant, mais la bière est bonne. La faible lumière donne une allure mystérieuse au modeste billard qui trône au milieu du café. Dehors, il fait si froid que les rares maisons des alentours semblent se blottir les unes contre les autres. La neige abondante s'étale au pied des arbres dénudés. Tout est calme, silencieux à Humbécourt, dans la Haute-Marne. En mai 1995, coup de tonnerre dans la campagne tranquille : les villageois accordaient 33 % de leurs suffrages à Jean-Marie Le Pen. Pourtant, point d'étranger à la ronde, ni chez Sylvie. Où l'on s'empresse, hilare, de déniaiser le Parisien faraud d'avoir pointé cette contradiction : « C'est qu'on ne veut pas qu'ils arrivent par ici. »

Comme si le Front national était devenu un talisman, protégeant des hordes menaçantes de barbares. Ces jeunes gens ne sont pas dupes de leurs propos. Ils veulent seulement expliquer qu'ils ne vivent pas enfermés dans leur village. Pour travailler à la fonderie, pour s'amuser, danser, courir les filles, ils vont à la ville de Saint-Dizier ou dans les villages alentour. Quelques kilomètres en auto, et c'est le choc. Des bandes de jeunes beurs en goguette, venus du Vert-Bois, la cité voisine, des rivalités de coqs, des regards qui se défient, des mots qui s'entrechoquent, des poings qui se blessent, des couteaux qui s'aiguisent : les bonnes vieilles bagarres des bals du samedi soir se teintent de couleurs ethniques.

Alors, souvenirs et rumeurs mêlés se ramassent à la pelle ; et la haine aussi. « Vous savez ce qu'on dit par ici ? Là, vous êtes en France ; mais, de l'autre côté du pont, au Vert-Bois, c'est l'Algérie. Je connais des jeunes de là-bas qui viennent s'installer ici pour fuir les Arabes. On a le sentiment de ne plus être chez soi. »

« Ils ont encore des valeurs »

Quelques kilomètres plus loin, ou quarante ans plus tard. Au Café du commerce de Saint-Dizier, de pépères retraités qui devisent sur le temps qui passe, et les chiffres qui se moquent de la réalité. « C'est vrai, il n'y a pas beaucoup d'étrangers par ici, mais il y a de nombreux enfants d'étrangers. Ceux-là, ils sont français comme nous, mais c'est pas pareil... C'est un problème national, partout on vole, partout on a peur... L'autre jour, je lisais sur les murs : « On va bouffer la France. » Toute la ville est taggée. Sauf la mosquée... Ce qui prouve que, ces petits, ils ne sont pas si pourris que ça. Ils ont encore des valeurs... Moi, je vais tagger leur mosquée. Et j'appellerai Jack Lang. Je dirai : Je suis un artiste... »

Entre gouaille, provoc et désarroi. On ressasse les vieilles histoires, les vieilles rivalités avec Chaumont, la préfecture, les vieux échecs. La ville qui a refusé le chemin de fer au XIXe siècle, pour « protéger ses vignes », et qui, cinquante ans plus tard, a renvoyé dans ses foyers le brillant préfet de la Haute-Marne qui se présentait à ses suffrages. Il s'appelait Edgard Pisani, et deviendrait quelque temps plus tard ministre du général de Gaulle : « On a viré le génie. On lui a préféré les communistes. On a eu tout faux, alors qu'on avait tout bon : dans la circonscription, il y a tout de même Colombey-les-Deux-Eglises ! »

Alors, le jeune et fringant député et maire RPR, François Cornut-Gentille, s'échine à relancer la machine assoupie par la désindustrialisation. La zone franche qui occupe une partie de sa circonscription l'y aidera. Le préfet aussi. Mais, pour l'instant, rien n'y fait. La méfiance est grande. Quand des voitures flambent, comme à Strasbourg ou à Tours, il s'empresse de le dire. De les dénombrer. Mais la rumeur enfle. On soupçonne le maire de cacher ce qu'il sait. Comme dans le feuilleton culte du samedi soir, Aux frontières du réel, la population se dit que « la vérité est ailleurs ». Soigneusement dissimulée par des politiques, de droite comme de gauche, qui « ne savent pas comment on vit », et qui « s'en foutent ».

« On y arrivera bien un jour »

Sentiment d'abandon et d'humiliation, qui grandit dans un silence retentissant. Et pousse les électeurs communistes à passer avec armes et bagages au FN. L'immigré n'est pas, pour eux, un bouc émissaire, mais la preuve éclatante de la cruelle indifférence des élites à leur égard. Un symbole éclatant, et un multiplicateur, des faiblesses, des reniements, des institutions républicaines minées de l'intérieur par l'imbécile slogan de 1968 : « Il est interdit d'interdire », d'une justice qui ne punit pas assez, d'une école qui n'éduque plus, de familles qui n'en sont plus. Et ils s'enfoncent lentement dans une passivité désespérée.

« Mon pessimisme est très grand, si on ne fait rien. S'il y avait un grand projet d'intégration, y compris des jeunes Français, les gens se focaliseraient moins sur les étrangers. Mais il n'y a pas de projet social dans ce pays », s'inquiète le député. Au Café du commerce, les plus vieux veulent encore croire au génie français : « On y arrivera bien un jour. On y est toujours arrivé. A terme, on finira par les intégrer. »

Au Vert-Bois, des femmes enfoulardées font leurs achats dans une boucherie musulmane. Le ramadan a commencé. Les rues sont calmes, presque désertes. La fusillade qui a opposé, le soir du réveillon, deux familles maghrébines, autour d'un trafic de drogue, hante encore tous les esprits... Chez Sylvie, un habitué, qui se présente comme un « RMiste gaulliste », soliloque : « Il y a de plus en plus d'inégalités, de plus en plus de riches et de plus en plus de pauvres. Ça ne peut pas continuer comme ça. » Perdue dans ses pensées, un rictus énigmatique en guise de sourire passe-partout, la serveuse attend sans mot dire la fin de la journée.

Eric ZEMMOUR


Le politologue Pascal Perrineau affirme qu'il existe « un renforcement de l'implantation et de la dynamique du Front national », un an avant les prochaines législatives.

LE FIGARO. Certains estiment que le FN n'a pas connu de progression électorale décisive depuis sa percée de 1984. Qu'en pensez-vous ?

Pascal PERRINEAU. C'est une absurdité. Il suffit de regarder les pourcentages pour voir qu'il y a une progression forte depuis les européennes de 1984 jusqu'à la présidentielle de 1995. On passe de 10 à 15 % des suffrages exprimés, et de 2 200 000 à 4 656 000 voix. Aux législatives, le FN a obtenu 9,5 % en 1986 et 1988, 12,4 % en 1993 et, d'après les derniers sondages, les intentions de vote pour l'année prochaine sont de 14 %. La progression est donc sensible sur une longue période, même si elle est plus modérée pour les présidentielles. Mais s'il y a progression, il n'y a pas processus d'explosion. Il y a une dynamique de renforcement de l'implantation du FN.

Quelles sont les principales motivations de l'électorat du Front national ?

Ses électeurs sont comme les autres sur un point : le chômage. C'est leur première préoccupation. Ensuite viennent l'immigration et l'insécurité, thèmes plus élevés que chez les autres électeurs. Il n'empêche que le chômage et le vote Le Pen sont intimement liés : 25 % des chômeurs ont voté pour le candidat du FN à l'élection présidentielle.

Vote protestataire

Pourquoi le FN progresse-t-il dans un électorat très populaire ouvrier notamment qui votait auparavant à gauche ?

En effet, les nouveaux électeurs du FN viennent en grande partie d'électeurs décus de la gauche populaire. La Picardie, le Nord-Pas-de-Calais, la Seine-Maritime, par exemple, où le FN a beaucoup progressé, sont des régions économiquement sinistrées. Ces populations, dont la situation s'est profondément détériorée depuis quinze ans, ont le sentiment d'avoir tout essayé : la gauche en 1981, puis la droite en 1986, puis à nouveau la gauche en 1988 et la droite depuis 1993. Certains s'éloignent de la vie politique et se réfugient dans l'abstention. D'autres, au contraire, restent dans le processus politique, mais choisissent un vote de plus en plus protestataire. La marginalité politique du Front national fait écho à ce qu'ils ressentent comme étant leur marginalité sociale. Ils sont venus de la gauche : au second tour, ils y reviennent. En cas de duel entre le PS et un candidat RPR-UDF au second tour, on constate que les reports en direction de la droite gouvernementale ont baissé et sont tombés en dessous de 50 %.

Peut-on dire que cet électorat ouvrier reste de gauche ?

Sur les thèmes de l'insécurité et de l'immigration, ou d'une certaine conception de l'autorité, ces électeurs sont proches des positions du FN et de celles de la majorité des électeurs de droite. Mais, en revanche, sur le terrain économique et social, ils sont plus proches de la gauche. Ils sont aussi interventionnistes que les électeurs de gauche, et aussi sensibles qu'eux à la défense des salariés. Ils se montrent plutôt hostiles ou réticents aux dénationalisations : lors du mouvement social de décembre, les deux tiers d'entre eux disaient soutenir les grévistes. Ils sont donc très éloignés de l'électorat de droite classique. S'ils reviennent à la politique, c'est pour en découdre.

Eric ZEMMOUR et Olivier POGNON

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