jeudi 5 juin 1997

Emploi et solidarité : Martine Aubry

16 ministres, 10 secrétaires d'Etat composent le premier gouvernement de Lionel Jospin.


C'était un mercredi après midi à l'Assemblée nationale, il y a quelques années. Le secrétaire général du RPR posait une question au ministre socialiste du travail, nommé quelques jours avant. Il était accrocheur, pugnace, brillant. Mais le ministre débutant ne se démonta pas ; l'air sévère, la voix blanche, il répondit du tac au tac, du chiffre au chiffre, du techno brillant au techno brillant. Le secrétaire général du RPR s'appelait Alain Juppé. Madame la ministre du Travail était Martine Aubry. Depuis lors, Martine Aubry s'efforce de ne plus être seulement « la fille à Delors ». Et l'énarque douée de la direction du travail que Philippe Séguin conservait à son poste, envers et contre toutes les pressions politiques a appris un nouveau métier : « homme politique ».

Il y a quatre ans, Pierre Mauroy, qui avait senti le vent du boulet lors des précédentes municipales, l'appelait en renfort. L'objectif était de prendre à revers le RPR ; et de séduire un patronat catholique à la fibre sociale. Pierre Mauroy a été réélu maire de Lille ; Martine Aubry s'est enracinée. A appris le Nord, ses traditions, sa bière et son peuple de gauche.

Laissant de côté le discours « raisonnable » qui a fait sa gloire médiatique, elle y retrouve la verve de ses interventions à la tribune du Parti socialiste. Le « droit de l'hommisme » y est véhément, et la droite volontiers diabolisée. Son élection confortable le 1er juin dernier, contre le RPR Jacques Donnay, a récompensé ses efforts. Il lui faudra maintenant concilier tous ses discours.

Eric ZEMMOUR

© 1997 Le Figaro. Tous droits réservés.

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