jeudi 5 juin 1997

Relations avec le Parlement : Vaillant

16 ministres, 10 secrétaires d'Etat composent le premier gouvernement Lionel Jospin
Il vous jurera qu'il n'est pas déçu. Mais il ne faut pas le croire. Il aurait tant aimé être ministre de l'Intérieur. Depuis quinze ans, Daniel Vaillant avait tout fait pour. Il avait appris à connaître et aimer les flics. Il avait, le premier au PS, défendu le « droit à la sécurité ». « Ni de droite ni de gauche. » Un jour, il s'est même fait traiter de « facho » au bureau national du Parti socialiste. Un soir de 1994, à l'Assemblée nationale, après un débat houleux avec Charles Pasqua, celui-ci lui avait lancé, patelin et amical : « Vous verrez, monsieur Vaillant, quand vous serez ministre de l'Intérieur, que les choses ne sont pas si faciles. »

Et puis, « Lionel » a décidé qu'il serait ministre des Relations avec le Parlement. « Daniel » a obtempéré. Comme toujours. Entre eux, c'est une vieile histoire où Vaillant ne s'est jamais vécu que comme le brillant second. Quand Jospin devient député du 18e arrondissement de Paris, c'est Vaillant, son suppléant, qui tient les permanences rue Cavé. Quand Jospin se lance dans la bataille du congrès de Rennes, c'est Vaillant qui compte les voix. Quand Jospin est débarqué de son ministère de l'Éducation nationale en 1992, c'est Vaillant qui refuse les avances de Pierre Bérégovoy, qui lui proposait les relations avec le Parlement. Déjà...

Il est vrai que c'est lui qui a donné les investitures du PS à tous les nouveaux élus. Et que sa rondeur, sa bonhomie, son solide coup de fourchette et sa simplicité d'ancien laborantin fêtant ses anniversaires sur les bords de Marne seront bien utiles.

Eric ZEMMOUR

© 1997 Le Figaro. Tous droits réservés.

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