L'intervention du premier ministre sur France 2
« Je veux une pratique sereine et claire de la cohabitation. » Lionel Jospin était loin hier du « président-bis » dénoncé par Philippe Séguin après les interventions de Matignon au sujet de l'éventuel retour de la France dans l'OTAN. Le premier ministre s'est voulu « cohabitant » parfait, minimisant les « couacs » et magnifiant la « musique » jouée de concert avec le président de la République. Après la « comédie d'Amsterdam », comme disait cruellement Alain Madelin, Jospin a longuement expliqué les pourquoi et comment de ce compromis au plus haut niveau de l'Etat entre les contraintes que Jacques Chirac lui imposait (« Je n'aurais pas signé ainsi le pacte de stabilité, mais le président m'a dit que la parole de la France avait été donnée ») et la latitude d'action que ce dernier lui avait laissé : « Laissez moi négocier et donner des perspectives ».
Cela se voulait justification auprès de la gauche qui lui reproche d'avoir cédé si vite ; et plaidoyer pro domo devant l'opinion à qui Jospin présente son profil le plus consensuel et pacificateur. « Ce n'est pas moi qui tirerai le premier », semblait-il promettre aux Français.
Eric ZEMMOUR
© 1997 Le Figaro. Tous droits réservés.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire