Lors de sa première intervention solennelle depuis la victoire de la gauche, le chef de l'Etat s'est posé en « garant des grands aspects essentiels de la vie internationale et intérieure de la nation »
Ce n'est pas une main qui se tend. Mais ce n'est plus une main sur laquelle on crache. Après Philippe Séguin, le nouveau président du RPR qui, il y a une semaine, rejetait toute « diabolisation » du Front national, Jacques Chirac lui même a renchéri. Il a pris grand soin en effet de distinguer entre ce qu'il comprenait et « l'inacceptable », entre « la protestation à l'égard d'un mode de vie », et « le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie ». Pas du tout un quitus donné aux « valeurs » portées par certains des chefs du FN, mais une réintégration de ses électeurs dans la communauté nationale et républicaine.
D'autant plus que des combats futurs pourraient, dans les mois qui viennent, rapprocher ces électeurs du FN, les leaders de la droite et le chef de l'Etat. « Donner des papiers à tous les sans-papiers, c'est encourager l'immigration clandestine... Il faut regarder au-delà du bout de son nez... Les lois Pasqua-Debré étaient de bonnes lois. » D'avance, le président de la République condamne la régularisation massive des sans-papiers en cours et l'abolition des lois Pasqua-Debré. Il prépare ainsi le terrain de l'opposition, où certains comme Charles Pasqua avec son appel à des manifestations massives souhaitent faire de ce thème un point de fixation populaire contre le gouvernement.
Après sa défaite, la droite parlementaire cherche, face au Front national, les voies d'un réalisme politique qui ne renierait pas les « grands principes ». Hier, Jacques Chirac a apporté sa contribution à cette lourde tâche.
Eric ZEMMOUR
© 1997 Le Figaro. Tous droits réservés.
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